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L'ABBÉ BOULY

L'inventeur de la radiesthésie a été prêtre à Wirwignes

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L’Abbé Bouly est nommé desservant de l’église Saint-Quentin en janvier 1909. Il le restera huit mois avant de rejoindre sa dernière nomination : la nouvelle église d’Hardelot-Plage, où il demeurera jusqu’à sa mort le 29 janvier 1956.

 

Il était né le 11 décembre 1865 à Condette. Les Archives Départementales du Pas-de-Calais conservent son acte de naissance : son père est François Alexis Bouly, 29 ans, charron et sa mère, Euphrosine Irma Fauquembergue, 26 ans, lingère. Son prénom est orthographié « Thimothée » mais aujourd’hui, en raison de son étymologie, on note « Timothée », celui qui craint ( latin timeo, timere, je crains ) Dieu ( grec theós ). Formé au Petit Séminaire de Boulogne de 1879 à 1886 puis au Grand Séminaire d’Arras, il est ordonné prêtre le 13 VII 1890[1]. Il enseigne l’anglais et l’allemand à l’Institution Saint-Vaast de Béthune, récemment fondée en 1887 par le Doyen Cornet[2]. Il entame en 1894 des études de Lettres Modernes à la Sorbonne qui lui permettent d’enseigner ensuite au collège Saint-Stanislas de Boulogne dont il devient le supérieur en 1900. 

 

[1] Annuaire Cléton, Archives Diocésaines d’Arras

[2] Site du collège https://college-saint-vaast.eceb.fr/presentation/historique/

ACTE DE NAISSANCE DE L’ABBÉ BOULY
 

Neuf ans plus tard, il est nommé à Wirwignes où il reste peu de temps. John WHITLEY, riche fondateur de la station d’Hardelot-Plage, le fait nommer à la nouvelle église qu’il vient de faire construire par l’architecte Louis Marie Cordonnier qui avait réalisé le plan d’urbanisation de la ville et construit de nombreuses villas. Située dans l’axe des courts de tennis, l’église est placée sous le patronage de Saint Augustin de Cantorbéry. 

 

Sa charge lui laisse, du fait des villégiatures de ses paroissiens, de nombreux loisirs en hiver. Il herborise, s’intéresse aux sciences. En avril 1913, il rencontre la famille Lapparent et en particulier Albert de LAPPARENT, géologue, membre de l’Acédémie des Sciences et président de la Société Géologique de France.  Il s’aperçoit qu’il a un don de sourcier : « La baguette tournait mieux avec moi qu’avec lui. » Il le développe : « Ce n’est que par un travail acharné, une pratique constante, que l’on peut arriver à obtenir un résultat. » Il participe à la découverte et aux forages de très nombreux puits et acquiert une grande réputation dans le domaine. Ainsi il retrouve à Boulogne-sur-Mer, à trois mètres de profondeur, le bassin du baptistère Saint-Jean de l’ancienne cathédrale pour Monseigneur Lejeune. Il repère des sources pour des filateurs de Roubaix. Appelé par le gouvernement des Canaries où une grave sécheresse s’était installée, il découvrit plusieurs sources d’eau douce qui permirent d’installer des cultures de primeurs et de bananes. Chaque année, les Canaries envoyaient des régimes de bananes à l’Abbé Bouly. 

Il s’intéresse aussi à la recherche de métaux et en 1918, le Ministère de la Guerre lui demande son aide pour retrouver et désamorcer les obus sur les champs de bataille de la Marne, de l’Aisne et de l’Artois. Il sera décoré de la Légion d’Honneur en 1950. En 1940, il aide Messieurs BAUD et ALTHUSER à retrouver un gisement d’étain dans la région de Morzine  ( Haute-Savoie ). Il pouvait aussi retrouver des cavités et la ville de Lens, en 1923, lui demanda son aide pour les travaux de reconstruction de l’église Saint-Léger, entièrement détruite par un bombardement le 19 janvier 1916. Il évita un désastre en signalant les cavités cachées sous le sol.

En octobre 1923, l’Abbé Bouly est consulté par Monsieur Métadier, maire de Royan pour retrouver une mine d’étain oubliée. Le site du Musée du Patrimoine du Pays Royannais évoque son intervention et donne à lire une lettre écrite à son sujet :

 

http://w.pays-royannais-patrimoine.com/themes/histoire-histoires/l-aventure-du-fa/etranges-passants-paisibles-residents/

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Le « prospectant à la baguette » utilisa d’abord la baleine d’un vieux parapluie puis une baguette de noisetier et ne demandait que le remboursement de ses frais et éventuellement un don à ses bonnes œuvres.

Très connu, il expliquait ses talents et ses compétences dans des conférences en France et à l’étranger.

 

Entre 1925 et 1930, il développa une autre compétence, la recherche des microbes et des radiations humaines. Il invente, avec son ami l’Abbé Louis Bayard, professeur à la Faculté Catholique de Lille, le terme « radiesthésie » ( du latin radius, rayon et du grec aisthesis, sensation ) le 29 décembre 1929 au congrès de l’Association Française et Internationale des Amis de la Radiesthésie qu’il avait créée à la demande de ses amis Léon Delattre et Théo Gravez qui assistaient à ses conférences et demandaient la création d’une association pour l’étude et le développement de la radiesthésie. De grands scientifiques adhèrent comme Édouard Branly. 

Il est président de l’association mais il cède le poste au vicomte Henry de France après quelques mois. Dans une conférence, il déclare : « La science des ondes est la science de l’avenir. Dans vingt ans, elle aura projeté ses lumières dans des domaines où les investigations actuelles sont excessivement limitées. » De nombreuses personnes vinrent le consulter chez lui à Hardelot, ses dons de radiesthésiste et d’herboriste arrivaient à les aider.

 

En 1934, il achète le château d’Hardelot où il place son immense bibliothèque d’érudit et de prêtre et ses collections de chercheur. Il y héberge les sœurs de Sainte-Agnès d’Arras. Il acquiert aussi Les Tourelles à Condette pour les sœurs de Saint-Maur, le château des Dunes pour les Pères Blancs, des propriétés rue de la Marne à Condette : on raconte qu’il avait trouvé un trésor grâce à sa baguette.

Il s’éteint le 29 janvier 1958 à Condette mais sa figure résiste au temps.

 

Albert ALGOUD voit en lui l’un des modèles du Professeur Tournesol.

Bibliographie

Albert ALGOUD, Le Tournesol Illustré, Tournai, Casterman, 1994, page 91 avec l’abbé Mermet

André BEAUDEL, Brève histoire du château d’Hardelot et de quelques personnages, Les cahiers du Callouy, Syndicat d’initiative de Condette, 1982

Chanoine Léon-Noël BERTHE ( archiviste diocésain 62 ) Communication donnée à l’Académie des Sciences , lettres et arts d’Arras, 6e série, tome V, 1991-2006, Arras, 2007 - 1995

Jacqueline DOUARD-LOTILLIER, article dans Généalogie 62, numéro 64

André DELSAUX, Alexis Thimothée Bouly, premier curé d’Hardelot, radiesthésiste de renommée mondiale, Neufchâtel-Hardelot, Association Culturelle des amis du château d’Hardelot, Edico, 1994

Henry de FRANCE, « Sourciers d’aujourd’hui », article du 5 janvier 1928 dans les Dossiers Biographiques d’Armand BOUTILLIER DU RETAIL BnF

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TOMBE DE L’ABBÉ BOULY AU CIMETIERE DE CONDETTE

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